Les hologrammes existent-ils vraiment ? État des lieux en 2026
- 21 juin 2022
- 5 min de lecture
Avec la disparition progressive de la stéréoscopie (masques VR style Oculus, ou encore les lunettes aux verres rouges et verts dans les cinémas), les hologrammes semblent être une évolution naturelle, promis à un bel avenir, même si le chemin pour qu’ils puissent être à la portée de tous les producteurs d’images et exploités dans vos films d’entreprise ou communications vidéo semble encore long…
Les technologies holographiques progressent rapidement depuis plusieurs années. Cet article propose un état des lieux actualisé des solutions disponibles aujourd'hui et de leurs perspectives d'évolution.
Les hologrammes promis par la science-fiction existent déjà... mais pas forcément sous la forme que nous imaginions.

Hologramme, vidéo volumétrique : quelle différence ?
Hologramme Star Wars = projection lumineuse 3D
Vidéo volumétrique = capture d'un sujet en trois dimensions
Réalité augmentée = superposition d'éléments virtuels
Réalité mixte = interaction entre réel et virtuel
Introduction à l’holographie
Des techniques de compression plus efficaces et des chaînes de traitement plus rapides comme la 5G, préparent le terrain pour ces procédés de vidéo 360˚ très gourmands en ressources.
Enregistrer la volumétrie d’une scène (pour créer des hologrammes) est une chose très différente de la capture de mouvements classique, bien que ces deux techniques reposent sur des mesures de la profondeur. Pour les captures de mouvements, un sujet doit porter une combinaison couverte de capteurs, tandis que pour l’enregistrement volumétrique on capture tout ce qui se trouve dans une zone physique définie, ce qui a pour effet de produire des nuages de points ou un maillage de polygones 3D. Dans les deux cas, c’est ensuite aux spécialistes des effets VFX de gérer les rendus.
Mais il y a une autre différence de taille...
Là où pour la stéréoscopie on a besoin de 2 caméras, pour un enregistrement volumétrique il en faut généralement plus de 100 et des capacités de stockage immenses.
Les avancées de la vidéo volumétrique
Comme vous vous en doutez, produire des hologrammes n’est pas encore vraiment dans les cordes de l’industrie du divertissement, cependant on peut noter l’utilisation de plus en plus courante d’hologrammes dans les films, publicités ou clips vidéo. Voici quelques exemples :
Les membres du groupe ABBA (ou plutôt leurs avatars) ont offert un concert holographique à leurs fans. Expérience tant excitante qu'effrayante pour moi. Culte de la jeunesse éternelle et recherche du corps parfait... Un pas décisif vers le transhumanisme ?
Ce qui a changé depuis 2022
L'écosystème de l'imagerie 3D a énormément évolué ces dernières années.
Apple Vision Pro démocratise les usages de l'informatique spatiale auprès du grand public.
Meta Quest continue d'améliorer l'accès à la réalité virtuelle et à la réalité mixte.
L'intelligence artificielle générative permet désormais de créer ou reconstruire des environnements en trois dimensions à partir de simples images.
Gaussian Splatting révolutionne la création de scènes 3D photoréalistes avec des coûts de calcul bien plus faibles qu'auparavant.
Les technologies NeRF (Neural Radiance Fields) permettent de reconstruire des objets et des espaces en trois dimensions avec un réalisme impressionnant.
Les coûts de capture volumétrique diminuent progressivement, ouvrant la voie à de nouveaux usages dans le cinéma, le jeu vidéo, la publicité ou la formation.
En 2019, Madonna aux Billboard Music Awards
En 2017, Barbie a présenté « Hello Barbie Hologram ». Une boîte contenant une projection animée de la petite poupée et avec laquelle les petites filles peuvent interagir.

Dans le monde des médias, la volumétrie promet également d'améliorer l'efficacité des canaux de postproduction en simplifiant le processus de capture et d'animation. Double d’un acteur, performances d’un athlète, ou simplement garde-robe d'une star, tout peut facilement être capturé et reproduit en adoptant ce même processus. Ces données peuvent être utilisées pour de la prévisualisation, ou dans un moteur de jeu tels que Unreal ou Unity.
Selon Arcturus, une capture volumétrique peut être produite en moins de 24 heures avec 2 à 3 personnes, contre plusieurs semaines de travail pour certains effets visuels traditionnels.
L’automatisation des enregistrements volumétriques permet donc des coûts bien moindres, même si l’investissement au départ est bien plus élevé.
Produire des vidéos volumétriques aujourd’hui
Vous avez peut-être déjà expérimenté la vidéo volumétrique sans même le savoir. Pour ceux qui ont une XBOX, Microsoft a sorti en 2010 un accessoire appelé Kinect. Tous vos mouvements étaient enregistrés par une caméra et vous dispensaient d’utiliser un contrôleur classique. Les capteurs de la caméra produisaient des nuages de points, pour représenter votre personnage en 20 points. Aujourd’hui cette technologie est utilisée dans diverses industries telles que la santé ou même la location de voitures aux États-Unis. Dans le second cas, des caméras scannent les voitures afin de vérifier tout dommage éventuel ; pas possible de rater la moindre bosse !

LiDAR est une méthode de numérisation laser utilisée pour capturer des paysages ou des bâtiments afin de créer des numérisations 3D et des « depth maps », cartes de profondeur. Des nuages de points 3D sont produits, chacun étant représenté dans l'espace. Si vous comparez les pixels du LiDAR aux pixels 2D classiques, le capteur de profondeur ajoute les informations Z aux coordonnées X et Y.
Méthode LiDAR
La photogrammétrie est une autre possibilité. Plusieurs photos d'un sujet sont prises sous différents angles et assemblées par des algorithmes de calcul pour générer des modèles 3D.
Les caméras Lightfield utilisent également des micro-lentilles pour ensuite tout manipuler très simplement.

L'intelligence artificielle va-t-elle accélérer l'arrivée des hologrammes ?
L'un des principaux freins à la démocratisation des hologrammes reste aujourd'hui le coût de production. Capturer, nettoyer, reconstruire puis diffuser une scène en trois dimensions nécessite encore d'importantes ressources techniques.
L'intelligence artificielle pourrait cependant changer la donne.
Déjà utilisée pour améliorer la photogrammétrie et la reconstruction 3D, elle permet de produire des modèles de plus en plus précis à partir d'un nombre réduit d'images. Certaines solutions sont même capables de générer des personnages ou des environnements tridimensionnels presque entièrement automatiquement.
À terme, l'IA pourrait considérablement réduire les coûts de production, accélérer les temps de traitement et rendre accessibles des techniques qui étaient jusqu'ici réservées aux grands studios.
Les hologrammes... Bientôt accessibles à tous ?
À court terme, les véritables hologrammes restent encore coûteux à produire et à diffuser.
Pour les entreprises, les usages professionnels se multiplient déjà dans les domaines de la communication, de la formation, de l'événementiel ou de l'industrie.
Pour le grand public, la situation est différente. Les expériences de réalité augmentée et de réalité mixte progressent actuellement beaucoup plus vite que les hologrammes tels qu'ils sont représentés dans la science-fiction.
Il est donc probable que notre premier contact quotidien avec ces technologies passe davantage par des lunettes connectées ou des casques de réalité mixte que par les célèbres projections lumineuses imaginées dans Star Wars.
Applications concrètes des hologrammes aujourd'hui
Concerts virtuels (ABBA Voyage)
Médecine et formation chirurgicale
Téléprésence et réunions à distance
Jeux vidéo et réalité mixte
Musées et expériences immersives
Publicité et événementiel
Conclusion
Pendant des décennies, les hologrammes ont appartenu au domaine de la science-fiction. Pourtant, une grande partie des technologies nécessaires existe désormais sous différentes formes : vidéo volumétrique, photogrammétrie, LiDAR, réalité augmentée ou réalité mixte.
Nous sommes encore loin des projections parfaites imaginées dans Star Wars, mais les progrès récents de l'intelligence artificielle, de la puissance de calcul et des capteurs 3D accélèrent considérablement leur développement.
La question n'est peut-être plus de savoir si les hologrammes deviendront une réalité, mais plutôt quand ils trouveront leur place dans notre quotidien.


